Un gay a toujours un essaim d’amies inconditionnelles qui voltigent autour de lui, complices de ces espiègleries les plus occultes qui, avec une excitation inusuelle, s’intéressent à chaque détail scabreux que tu ne raconterais jamais à personne. Entre elles, il y en a toujours une, la reine mère, qui ne se sépare jamais de lui, qui, comme s’il s’agissait d’une relation pathologique de dépendance, à besoin d’être là à chaque pas qu’il fait et, quand à cause d’une obligation il ne lui est vraiment pas possible d’assister à sa nouvelle bataille, elle passe son temps à lui envoyer des textos ou à l’appeler toutes le quinze minutes avec une soif insatiable d’information, comme si son absence impliquait de rater un évènement extraordinaire.

Il est vrai que pour les deux parties, le gay formidable et sa FAP associée, cette relation convient comme une relation symbolique, celle dont, même si elle fait un peu de tort, le bénéfice supposé est toujours plus important. Les deux gagnent non seulement en amitié sur laquelle ils comptent, trésor dont on ne peut se passer en tant qu’animaux sociaux que nous sommes, mais aussi parce que, dans cette jungle de la vie nocturne désenchainée, le gay sert d’écran à toutes les agressions sexuelles dont les filles sont l’objet en agissant comme un bouclier antimissiles, compte tenu que les “hétéros” se retiennent beaucoup lorsqu’ils veulent draguer une jolie fille avec un mec à sa droite.
Ainsi, avec l’assurance que cela suppose, elle observe ce qui se passe autour d’elle en affilant ses canines, pour, une fois sa proie sélectionnée depuis l’ombre du gay, sauter sur elle telle une mante religieuse et la décapiter d’un coup de griffe. D’un autre côté, grâce à la présence de la FAP, le gay est capable d’accéder au menu de garçons plus ou moins hétérosexuels (l’acception d’”hétéroflexibles” s’impose de plus en plus), normalement absents de ces milieux dans lesquels sa FAP s’ennuie tellement.
Les deux s’amusent énormément des confusions créées par la complexité dont ils font étalage lors de leurs apparitions publiques, en sachant que l’espèce humaine tend particulièrement à se faire des films et à mettre en couple chaque brebis avec son partenaire, incapables de discerner, à partir d’une certaine heure de la nuit, ce qui est vrai de ce qui est le pur fruit de leur imagination.
Pour cette raison, l’autre face de la pièce est que que dans cette relation quasi pathologique il existe aussi un préjudice, et parfois le potentiel succès du cortège part en fumée à cause de l’étroite proximité entre l’abeille et le faux bourdon. De cette manière, la FAP commente habituellement en riant que son gay fait fuir les mecs et que par sa faute elle ne flirte avec personne, donc, que dans certaines situations cela lui nuit.
Ponctuellement, il arrive à peu près la même chose au gay, en fait ce théâtre devient tellement crédible qu’ils terminent tels un vieux couple, par s’en aller ensemble du local, se tenant par la main et souls comme des barriques après avoir tire dans tous les sens et ne pas avoir touché la moindre proie. Cela les mène, de temps en temps à louer un des appartements à Berlin et à revenir aux routines propres à leur option sexuelle, mais il faut voir comment ils se manquent dans ces occasions comptées.







